Dans son cinquième roman, publié aux Éditions Albin Michel, Amélie Nothomb, l’auteure d’Hygiène de l’assassin (1992) et de Stupeur et tremblements (1999) nous propose, dans Attentat (1997), une histoire à la fois cruelle et tendre sur le thème éternel de la beauté et de la laideur. Attentat d’Amélie Nothomb est un livre qui ne sera pas sans vous rappeler la célébrissime histoire de Quasimodo et d’Esméralda dans Notre-Dame de Paris (1831) écrit par Victor Hugo ou encore celle de La Belle et la Bête et ses nombreuses réinterprétations au travers des siècles.

Dans Attentat – publié aux éditions Albin Michel comme l’ensemble de son œuvre – c’est avant tout d’un attentat à la laideur que nous parle l’auteure avec son personnage principal, Épiphane, dont le défi va être de s’imposer dans un monde où la laideur doit rester cachée.

 

Résumé du livre

 

Attentat, cinquième roman d’Amélie Nothomb, raconte l’histoire de deux personnages atypiques : Épiphane Otos et Ethel. Si cette dernière est d’une beauté incroyable, Épiphane Otos est, quant à lui, d’une grande laideur, bien que son esprit soit fin et délicat. Dans cette histoire, Amélie Nothomb nous parle  de l’idée de norme entre la beauté et la laideur en poussant la question dans ces extrêmes.

Si Épiphane Otos semble condamné par sa laideur à vivre en exclu de la société au début du roman, Amélie Nothomb transforme ce personnage atypique en star paradoxale. Ambassadeur de la monstruosité internationale pour une agence de top model, Épiphane n’en reste pas moins profondément amoureux de la belle et jeune comédienne Ethel. Cette dernière verra-t-elle au-delà des apparences et sera-t-elle émue par son cœur ou joindra-t-elle les médisances de la société envers Épiphane ?

Citations du livre :

La première fois que je me vis dans un miroir, je ris : je ne croyais pas que c’était moi. À présent, quand je regarde mon reflet, je ris : je sais que c’est moi. Et tant de hideur a quelque chose de drôle.

Je suis maigre, ce qui peut être beau chez un homme ; mais ma maigreur est vilaine. Le Christ sur la croix a une certaine allure avec son ventre creusé et ses côtes lisibles. La plupart des hommes décharnés ressemblent à des vélos, ce qui est joli. Moi, je ferai plutôt penser à un pneu crevé. À l’exemple des chiens sharpies, j’ai trop de peau. Mon ossature débile et ma pauvre chair flottent à l’intérieur de cet accoutrement qui, mal rempli, ne peut que pendouiller.

 

Analyse du livre

 

Dans Attentat, Amélie Nothomb s’attarde sur la complexité des codes esthétiques dans notre société et les avantages insoupçonnés de la laideur. D’ailleurs, Épiphane dira « La beauté, c’est fragile, ça ne dure pas. Ma hideur, elle, est solide et fiable. » En jouant sur les oppositions avec deux personnages principaux très différents l’un de l’autre, l’auteure porte un regard sur le corps et l’esprit, la laideur et la beauté, la bonté et la cruauté. De nombreux sujets sont ainsi abordés dans Attentat, publié aux éditions Albin Michel, comme :

  • Le regard des autres ;
  • Les normes de la société ;
  • Les codes de séduction, etc.

Une fois de plus, Amélie Nothomb nous étonne avec son débat sur la normalité et met en avant comment la laideur peut servir à sublimer la beauté de la personne d’à côté. L’auteure nous invite à nous interroger sur le rôle joué par la société dans l’élaboration d’une norme telle que celle définissant la beauté et la laideur. Au travers de ce récit, Amélie Nothomb cherche à nous remettre en question sur nos propres idées. Elle nous demande s’il s’agit bien du fruit de notre réflexion personnelle ou si nous avons choisi la facilité et absorbé des idées préconçues par la société.

Dans cette satire d’une société où l’apparence prend trop d’importance, on retrouve l’usage du vocabulaire peu commun propre au style d’écriture de l’auteure Amélie Nothomb, ainsi qu’une abondance de références littéraires, artistiques et philosophiques : notamment à Quasimodo et Esméralda dans Notre-Dame de Paris (1831) écrit par Victor Hugo et au conte mythique de La Belle et la Bête.

Citation du livre :

Ma laideur était confortable comme une paire de pantoufles, et ce, pour cette simple et unique raison qu’elle s’était faite à mon âme comme les souliers se font aux pieds. On revient toujours à ses vieilles chaussures, même si elles sont devenues immontrables, parce qu’on s’y sent tellement mieux.

 

Amélie Nothomb, l’auteure

 

Romancière Belge née au Japon en 1967, Amélie Nothomb nous montre encore une fois cette dualité dans son livre Attentat (Éditions Albin Michel) avec des passages de l’histoire se passant au Japon et d’autres en France ou en Belgique. Depuis de nombreuses années, les livres d’Amélie Nothomb font partie des meilleures ventes auprès du public francophone.

Son style d’écriture excentrique et son attachement à la culture nipponne caractérise ses livres si particuliers. L’auteure oscille entre deux styles littéraire avec d’un côté des romans fictionnels et de l’autre des romans autobiographiques. Elle mêle d’ailleurs parfois les deux.

Depuis la parution de son premier roman, Hygiène de l’assassin, en 1992, aux éditions Albin Michel, l’œuvre littéraire d’Amélie Nothomb a été largement récompensée par de nombreux prix et récompenses. Elle a notamment remporté le Grand Prix Jean-Giono en 2008 pour « l’ensemble de l’œuvre d’un auteur de langue française ayant défendu la cause du roman ». Pour ces livres, Hygiène de l’assassin a été récompensé par le prix René-Fallet et le prix Alain Fournier en 1993,  Le Sabotage amoureux lui a permis de recevoir le prix littéraire de la Vocation et le Prix Jacques-Chardonne. En 1995, elle avait également obtenu le prix du jury Jean-Giono pour son roman Les Catilinaires

 

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