Connaissez-vous cette première œuvre littéraire d’Amélie Nothomb ? Dans cet article, nous vous livrons un résumé de ce roman et nous vous parlons de ses différentes adaptations au théâtre. Découvrez la célèbre autrice au travers de son ouvrage et une anecdote surprenante sur la publication de son manuscrit !

 

A propos d’Amélie Nothomb

 

En 1992, Amélie Nothomb publie son premier roman aux éditions Albin Michel : Hygiène de l’assassin. Mais qui est réellement cette romancière belge, connue pour son excentricité et le rythme incroyable de ses publications ?

Née dans la Région de Bruxelles-Capitale, le 9 Juillet 1966, Amélie est une auteure prolifique qui publie un ouvrage par an aux éditions Albin Michel. Ses romans font partie des meilleures ventes littéraires et sont traduits dans une quarantaine de langues différentes. La romancière obtient plusieurs prix comme le « Grand prix du roman de l’Académie Française » pour Stupeur et tremblement en 1999 ou le prix de Flore en 2007 pour Ni d’Eve ni d’Adam.

Cela lui vaut d’être nommée commandeur de l’Ordre de la Couronne. Elle obtient même le titre de Baronne par le roi belge Philippe, sur la proposition du ministre des Affaires étrangères. A l’âge de 26 ans, elle envoi son premier manuscrit aux éditions Gallimard qui le refuse. Nous vous en parlons un peu plus dans notre dernier chapitre « Hygiène de l’assassin refusé », nous vous invitons donc à continuer votre lecture !

Son premier recueil est finalement publié par les éditions Albin Michel et sera vu par beaucoup comme son meilleur ouvrage. Il obtiendra en 1993 le Prix René-Fallet et le Prix Alain-Fournier. En 1999, il est adapté pour le cinéma par François Ruggieri dont les acteurs principaux sont Jean Yanne dans le rôle de Prétextat Tach et Barbara Schulz dans celui de Nina.

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Le livre sera également adapté au théâtre et à l’opéra en France :

  • 1994 : Adaptation de Benjamin Sire, mise en scène de Gérard Desarthe, au Théâtre de Vidy-Lausanne et à la maison de la Culture de Bobigny.
  • 1997 : Adaptation de Pascal Lissillour, mise en scène de Didier Long, au Petit théâtre de Paris. Jean-Claude Dreyfus joue alors le rôle de Prétextat et Nathalie Cerda celui de Nina. La pièce sera distinguée par trois nominations aux Molière 1998.
  • 2008 : Au théâtre Le Public de Bruxelles, mise en scène de Pierre Santini avec Daniel Hanssens dans le rôle de Tach et Valérie Marchant pour Nina.
  • 1995 : C’est Daniel Schelle qui réalise un opéra sur l’histoire du livre, il écrit alors le livret et la musique.
  • 2016 : L’œuvre a été adaptée au théâtre des Corps saints à Avignon, par le metteur en scène François Tantot.

En 2012, une version en livre audio sort aux éditions Audiolib. La narratrice est Guila Clara Kessous.

Le roman sera également décortiqué en 2008 par Aleksandra Desmurs dans son livre Le Roman Hygiène de l’assassin : oeuvre manifestaire d’Amélie Nothomb aux éditions Praelego. Il le sera aussi par Myriam Hassoun dans son analyse de l’œuvre publiée par LePetitLitteraire.fr.

 

Résumé du livre

 

Dans cette histoire, il n’y a que trois personnages principaux : Prétextat Tachn, Nina et Léopoldine. Seuls des journalistes apparaissent au fil du livre puisqu’il tourne autour d’entretiens et de dialogues échangés dans un sombre appartement.

Prétextat Tach est un célèbre romancier de quatre-vingt-trois ans ayant obtenu le Prix Nobel de littérature. Il est atteint d’un cancer des cartilages appelé « le syndrome d’Elzenveiverplatz », totalement inventé par Amélie Nothomb.

Il ne lui reste plus que deux mois à vivre, forcément tous les journalistes du monde s’empressent de recueillir le dernier témoignage de Tach et recherchent LE scoop. Le problème ? Tach n’est pas un romancier ordinaire. C’est un misanthrope acerbe, intolérant, provocateur et misogyne. Il est imbuvable et ne supporte pas qu’on lui pose des questions sur sa vie privée.

D’ailleurs, il se décrit lui-même comme un « tas de sindou », un « titan exilé » ou encore un « génie ». Oui, parce qu’il est convaincu de son talent et va même jusqu’à comparer sa vie au sacrifice de Jésus Christ.

Citation :

« Son secrétaire, Ernest Gravelin, vivait quatre étages plus haut mais évitait autant que possible de le voir ; il lui téléphonait régulièrement et Tach ne manquait jamais de commencer la conversation par : Désolé, mon cher Ernest, je ne suis pas encore mort. »

Lassé par le jeu des journalistes, il va pousser le culot jusqu’à diriger les interviews et enfoncer ses interrogateurs. Les cinq premiers finiront par fuir, épouvantés. Puis arrive Nina…

Citation :

« Avoir raison, quand on est journaliste, ne demande qu’un peu d’habileté. Avoir raison, quand on est écrivain, ça n’existe pas. »

La jeune journaliste n’est pas comme les autres, elle lui tient tête. Cela lui plaît, l’interview se transforme en un duel sans merci. Au fil de cette partie, on en apprend plus sur cet auteur obèse et laid, qui méprise totalement les femmes (ou qui les adore trop ?). Amélie se livre également en nous parlant du processus de popularité de l’écrivain, de la fabrication du mythe et des problématiques que cela entraîne.

Nina comprend beaucoup plus que la plupart des journalistes. Elle connaît ses œuvres, elle les a lu… Et parce qu’elle sait recoller les morceaux avec beaucoup d’habileté, elle va tout tenter pour lui faire parler de son amour d’enfance, Léopoldine, et de la vérité de son roman. Le suspens s’insinue, peu à peu, sans même que l’on s’en aperçoive. La chute est forcément surprenante. Quel est le terrible secret de Pretextat Tach ? À vous de le découvrir.

 

Hygiène de l’assassin refusé

 

Saviez-vous que le tout premier livre d’Amélie Nothomb aurait pu être publié aux éditions Gallimard ? C’est en effet à cette grande maison d’édition que notre auteure a décidé d’envoyer son manuscrit, par la Poste.

Le directeur de la collection « L’Infini » et critique Philippe Sollers le lit, mais ne le comprend pas. Il envoie quelques semaines plus tard une lettre incendiaire à l’autrice qui se tourne alors vers Albin Michel. Son manuscrit est accepté seulement trois semaines après et c’est le P.D-G en personne, Francis Esménard, qui la reçoit pour la signature de son contrat.

Amélie est encore un auteur inconnu mais refuse de toucher une ligne de son texte. Elle ne cède que sur son nom de plume elle voulait alors choisir « Amélie Casubelli ». La maison d’édition tire son petit recueil à plus de 200 000 exemplaires ! Pari gagné.

Hygiène de l’assassin a une note moyenne de 6,9/10 d’après Sens critique et 3,7/5 sur le site Babelio.