Tout comme pour ses précédents romans, la lecture de ce 12ème livre d’Amélie Nothomb, Antéchrista, ne déroge pas à la règle et ne laisse pas le lecteur indifférent. Publié en 2003 aux Éditions Albin Michel, cet ouvrage retrace la vie de deux jeunes femmes que tout oppose et décrit de façon simple les affres de l’adolescence. Antéchrista décrit le désespoir et la frustration d’une adolescente timide souhaitant se faire des amies et d’une autre adolescente de son âge en profitant pour la manipuler. Amélie Nothomb poursuit ici sur une thématique difficile avec les humiliations que peuvent faire subir des personnes que tout le monde semble admirer. On y retrouve les sujets favoris de l’auteure et une histoire dans laquelle les adolescents pourront se reconnaître.

Résumé du livre

 

Blanche, timide et solitaire ne rêve que d’une chose, se lier d’amitié avec Christa, la fille la plus admirée de l’université. Quand cette dernière se tourne vers elle, Blanche ressent un extrême bonheur et fait tout pour la rendre heureuse. Séduisante, enjouée et brillante, derrière le masque de beauté et de perfection de Christa se cache pourtant un caractère manipulateur et dangereux. Heureuse d’avoir une nouvelle amie, Blanche la laisse tout simplement s’installer chez elle pour éviter à Christa de faire 4 heures de train par jour pour se rendre à la fac. Lorsqu’elle se rend compte du piège dans lequel elle s’est fourrée, il est déjà trop tard.

Christa se révèle bien vite être une manipulatrice inquiétante ressentant le besoin de torturer ses victimes pour s’affirmer. Face à ce revirement de situation, Blanche va devoir choisir entre se laisser faire ou se défendre. Christa poussera le vice jusqu’à voler l’identité de Blanche pour se sentir exister. Blanche se laissera-t-elle faire ? Une chose est sûre, elle ne voit pas la Christa que tout le monde idolâtre, mais Anté-Christa, un être manipulateur et sans cœur.

 

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Analyse du livre

 

Au travers d’Antéchrista, Amélie Nothomb nous confie un roman incisif sur les douleurs de l’adolescence et les maltraitances morales. Ce livre, à la fois tendre et cruel, nous confronte une fois de plus aux personnages souvent machiavéliques qu’affectionne l’auteure et nous rappelle que les apparences sont souvent trompeuses.
Comme Michel Houellebecq, les histoires d’Amélie Nothomb prennent souvent place dans une société moderne axée sur la consommation et dans laquelle le personnage principal n’est pas du tout à l’aise. Alors que Michel Houellebecq dépeint généralement une critique sociale au travers de ses livres, Amélie Nothomb concentre ici son attention sur l’apitoiement sur soi. Dans ce roman d’apprentissage, l’auteure belge retrace une situation vécue par de nombreux adolescents. Comme dans nombre de ses livres, on y retrouve une partie autobiographique romancée qui explique la facilité avec laquelle les lecteurs peuvent se retrouver dans les personnages de l’auteure. Dans cette relation malsaine où l’amitié n’est qu’un leurre, le lecteur se retrouve témoin impuissant face à la situation.

Dans Antéchrista, Amélie Nothomb ne ménage pas le lecteur sur la période difficile qu’est l’adolescence et la construction de l’identité de chacun. L’auteure belge fait aussi le point sur les relations humaines en général en dressant le portrait de Christa au travers duquel on retrouve la personnalité de ceux qui ont besoin de dominer sur les autres pour avoir l’impression d’exister.

Comme Acide sulfurique, Antéchrista est l’un des romans les plus marquants de l’auteure. On y retrouve sa plume si particulière, son écriture magnétique et ses personnages si atypiques. Avec Amélie Nothomb, chaque mot est à sa place. Christa est originaire de Malmedy (mal-me-dit), un clin d’œil au fait que seuls des mots toxiques sortent de la bouche d’Antéchrista.

Citations du livre

C’est une maladie fréquente, la pathologie du mensonge.

Toucher le fond est moins effrayant que rester à la surface de l’abject.

La lecture n’est pas un plaisir de substitution. Vue de l’extérieur, mon existence était squelettique ; vue de l’intérieur, elle inspirait ce qu’inspirent les appartements dont l’unique mobilier est une bibliothèque somptueusement remplie : la jalousie admirative pour qui ne s’embarrasse pas du superflu et regorge du nécessaire.

Jusqu’à ma rencontre avec Christa, l’un des bonheurs de ma vie d’adolescente avait consisté à lire : je me couchais sur mon lit avec un livre et je devenais le texte. Si le roman était de qualité, il me transformait en lui. S’il était médiocre, je n’en passais pas moins des heures merveilleuses, à me délecter de ce qui ne me plaisait pas en lui, à sourire des occasions manquées.

 

Amélie Nothomb, l’auteure

 

Née à Kobé, au Japon, en 1967, Amélie Nothomb est une romancière belge dont les livres font chaque année partie des meilleures ventes littéraires en France. Certains de ses livres primés sont traduits dans une quarantaine de langues. Largement appréciée pour son style d’écriture excentrique et singulier, mais aussi pour son attachement pour la culture nippone, la romancière a publié son premier roman, Hygiène de l’assassin, en 1992, dont une adaptation cinématographique est parue en 1999. C’est d’ailleurs cette même année, que la carrière d’auteure d’Amélie Nothomb commence à rencontrer un véritable succès avec la publication de Stupeurs et tremblements.
Grâce à sa plume prometteuse, Amélie Nothomb a reçu différents prix littéraires au fur et à mesure de ses nouvelles publications chez Albin Michel. Pour Hygiène de l’assassin, en 1993, elle a notamment reçu le prix René-Fallet et le prix Alain Fournier. La même année, elle est récompensée par le Prix littéraire de la Vocation et le Prix Jacques-Chardonne pour Le Sabotage amoureux. En 2007, le Grand prix Jean-Giono récompensant l’ensemble des œuvres d’un auteur ayant « défendu la cause du roman » lui est décerné.

 

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