Comme souvent dans ses romans, Amélie Nothomb retrace des passages de sa vie dans Biographie de la faim. Dans cette autobiographie romancée, l’auteure belge s’attarde sur ses rapports à la nourriture. Elle aborde son « féroce appétit dans la vie » ainsi que l’importance que prend la faim dans toutes les cultures et plus particulièrement dans leur construction identitaire. Amélie Nothomb, notamment connue pour ses livres Stupeur et tremblements (1999) et Hygiène de l’assassin (1992) même souvent l’autobiographie à la fiction et elle ne déroge pas à la règle avec Biographie de la faim, son treizième livre publié aux éditions Albin Michel, ouvrage pour lequel elle reconnaît qu’il ne s’agit ni d’une autobiographie parfaite, ni d’une fiction.

 

Résumé du livre

 

« La faim, c’est moi », citation de Biographie de la faim. Dans ce treizième livre, Amélie Nothomb nous raconte son enfance et son adolescence au travers du prisme de la faim. Sans que la faim ne soit seulement synonyme de nourriture. Dans cette autobiographie romancée, la faim concerne tout aussi bien les livres, que l’écriture, l’amour et la boisson. Amélie Nothomb nous livre donc le récit d’une femme ayant une folle curiosité pour la vie. Dans Biographie de la faim, elle nous conte ses souvenirs d’enfance au Japon, à Pékin, à New York ou encore au Bangladesh, villes dans lesquelles elle a vécu en suivant la carrière de son père, diplomate. La faim, ou plus précisément le mystère de la faim, est au cœur de tout son récit. Dans cette autobiographie romancée d’Amélie Nothomb, on retrouve aussi différentes figures ayant marqué sa jeunesse : son père, sa nourrice japonaise ou encore sa sœur, qu’elle aimait beaucoup. Au cœur de ses souvenirs, la faim se traduit comme une quête perpétuelle d’un accomplissement inaccessible.

Citation du livre :

« J’avais lu pour qu’on m’admire. Je lisais et je découvrais que j’admirais. Admirer était une activité exquise, cela donnait des picotements dans les mains et facilitait la respiration. La lecture était le lieu privilégié de l’admiration. Je me mis à lire beaucoup pour admirer souvent».

 

Amélie Nothomb, l’auteure

 

Fille d’un diplomate belge et née au Japon, Amélie Nothomb vit dans de nombreux pays pendant son enfance et son adolescence. Les chocs culturels se sont suivis pendant ses jeunes années où elle a vécu dans l’Amérique capitaliste, la Chine communiste ou encore dans le Bengladesh tiers-mondiste. Pour Amélie Nothomb, le Japon restera à jamais une sorte de paradis perdu, dont il est souvent question dans ses romans.

Dans ce récit, on retrouve l’humour noir et la provocation si commune à l’écriture d’Amélie Nothomb. Elle y évoque sans pudeur son alcoolisme infantile et ses troubles alimentaires d’adolescente. Depuis 1993, Amélie Nothomb a reçu de nombreux prix littéraires pour ses ouvrages, notamment pour Hygiène de l’assassin (1993), pour Le Sabotage amoureux (1993) ou encore pour Les Catilinaires (1995) ou pour Stupeur et tremblements (1999). En 2008, le Grand Prix Jean-Gionot lui a également été desservi, prix littéraire récompensant « l’ensemble de l’œuvre d’un auteur de langue française ayant défendu la cause du roman ».

 

Analyse du livre

 

Dans ce roman autobiographique où Amélie Nothomb explore la faim sous toutes ses facettes, l’auteure nous fait voyager au gré de ses expériences en lien avec la faim. Personnage ambigu dans ce livre dont elle est l’auteure, Amélie Nothomb retrace une partie de sa jeunesse : de la boulimie à l’anorexie. Elle se décrit dans cette autobiographie romancée comme une enfant surdouée aimée de tous ses camarades de classe : « On m’aimait parce que j’étais la première de la classe alors que j’aurais tant voulu être aimée pour moi. »

biographie-faim-amelie-nothomb-theatre

Une pensée d’autant plus ambiguë puisque l’auteure se cache derrière un personnage qu’elle met en scène. Dans Biographie de la faim, Amélie Nothomb décrit différents moments de sa vie de manière très particulière : alcoolique à 8 ans, adulée à 10 ans, victime d’un viol collectif à 12 ans, anorexique à 15 ans, etc. Le plus étrange dans ce roman pourtant autobiographique et le manque d’émotion transparaissant dans sa manière de raconter ses souvenirs comme si elle utilisait l’humour noir et la provocation comme carapace pour masquer la souffrance.

Dans Biographie de la faim, Amélie Nothomb raconte également comment lecture, écriture et littérature l’ont sauvé. Cette citation du livre illustre d’ailleurs cet amour pour la lecture :

« J’avais lu pour qu’on m’admire. Je lisais et je découvrais que j’admirais. Admirer était une activité exquise, cela donnait des picotements dans les mains et facilitait la respiration. La lecture était le lieu privilégié de l’admiration. Je me mis à lire beaucoup pour admirer souvent. »

Au travers de ce roman autobiographique, Amélie Nothomb évoque les thématiques de la faim et du manque, sans plonger dans la psychanalyse, auxquels de nombreux lecteurs peuvent s’identifier. Dans ce énième roman, on retrouve son style d’écriture si habituel. Citations du livre :

« Avoir cinq ans se révéla désastreux. »

« Rien n’est plus facile à limer qu’un cadenas communiste. »

 

Autres ouvrages de l’auteure

 

En publiant un livre chez Albin Michel à chaque rentrée littéraire, en septembre, chaque année est ponctuée par un nouveau livre d’Amélie Nothomb. Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’auteure belge réussit à nous proposer quelque chose de différent dans tous ces romans, qu’ils soient autobiographiques ou fictionnels. Une caractéristique à la fois impressionnante et agréable pour les lecteurs dévorant ces livres. Parmi ses ouvrages les plus connus, nous vous conseillons de lire notamment les romans suivants :

Amélie Nothomb a également publié des pièces de théâtre, des contes, des nouvelles et même écrit plusieurs paroles pour des chansons.

Share This