Vous en avez sûrement déjà entendu parler cette année, lors de la Nuit de la Lecture organisée par le Ministère de la Culture en janvier, notamment, chez votre libraire, de votre bibliothécaire ou d’autres événements littéraires. Cette année, nous fêtons le centenaire de la naissance de Boris Vian, auteur de L’Écume des jours. Figure majeure du monde culturel et artistique français du XXème siècle, Boris Vian fut un homme aux nombreux talents littéraires et musicaux. Méconnue de son vivant, son œuvre littéraire, prolifique et plurielle, fait aujourd’hui partie des grands classiques du monde de la littérature française.

 

Boris Vian : sa biographie

 

Souvent qualifié d’auteur inclassable, Boris Vian a été un auteur très prolifique. Son œuvre protéiforme se partage entre des romans noirs et des romans d’amour, des parodies de contes de fées et des récits initiatiques, etc. Figure éclectique décédé à l’âge de 39 ans, Boris Vian était écrivain, poète, chanteur, parolier, musicien de jazz, critique musical, mais aussi directeur artistique. Homme aux nombreuses casquettes, il fut également scénariste, conférencier, acteur, traducteur et peintre.

Doté d’un fort bagage littéraire, Boris Vian avait durant sa jeunesse lu les grands classiques comme Kafka, Melville, Kipling, Hemingway ou encore Marcel Aymé, Steinbeck, etc. Pourtant, l’écriture littéraire a tout d’abord attiré Boris Vian de par son intérêt pour le langage. Il aimait créer des univers parallèles en mêlant fantaisie, science-fiction, humour noir et absurde. Ces différents caractères de son œuvre littéraire peuvent tantôt nous rappeler la fantaisie de Lewis Carroll, tantôt l’absurde extravagant d’Alfred Jarry.

 

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Les livres de Boris Vian et de ses pseudonymes

 

Au cours de sa vie, Boris Vian s’est essayé à de nombreux genres. Romans, nouvelles, poésies, pièces de théâtre, essais, traductions, sans oublier de nombreuses paroles de chansons. Parmi ses romans, signés sous le nom de Boris Vian, nous pouvons notamment citer :

  • Vercoquin et le plancton (1946), aux éditions Gallimard
  • L’écume des Jours (1947), aux éditions Gallimard
  • L’automne à Pékin (1947), aux éditions du Scorpion
  • L’herbe rouge (1950), aux éditions Toutain
  • L’arrache-cœur (1953), aux éditions Vrille

 

Les pièces de théâtre de Boris Vian

Au théâtre, il est auteur d’un certain nombre de pièces, dont la plupart ont été publiées à titre posthume. Boris Vian est décédé le 23 juin 1959, voici ses pièces de théâtre les plus connues, publiées de son vivant ou après sa mort :

  • J’irai cracher sur vos tombes (1948), aux éditions Fayard
  • L’équarrissage pour tous (1950), aux éditions de La Pléiade
  • Le goûter des généraux (1964), Le Collège de ‘Pataphysique
  • Le dernier des métiers (1965), aux éditions Toutain
  • Le chasseur français (1970), aux éditions Christian Bourgois
  • Série blême (1971), aux éditions Christian Bourgois
  • Tête de méduse (1974), aux éditions Christian Bourgois
  • Petits spectacles (1977), aux éditions Christian Bourgois

 

Les poésies de Boris Vian

 

Côté poésie, Boris Vian a notamment écrit :

  • Cent sonnets (1944), aux éditions Christian Bourgois
  • Cantilènes en gelée (1949), aux Éditions Rougerie
  • Je voudrais pas crever (1962), aux éditions Jean-Jacques Pauvert

 

Ses romans signés Vernon Sullivan

 

Si certains de ses romans étaient signés Boris Vian, d’autres ont été publiés sous son nom de plume le plus connu : Vernon Sullivan. Il avait choisi ce pseudonyme pour ses romans écrits dans le style américain. Impossible alors de ne pas citer J’irai cracher sur vos tombes (1946), roman policier publié aux éditions du Scorpion, sous le nom de Vernon Sullivan, et qui a engendré un très grand procès pour Boris Vian après avoir fait un grand scandale.
Les romans publiés sous le nom de Vernon Sullivan ont enrichi l’auteur et lui permettait davantage de vivre que ses écrits publiés sous le nom de Boris Vian. Toutefois, la plupart de ces écrits signés Vernon Sullivan lui ont attiré de nombreux ennuis avec la justice.

Parmi ses romans signés Vernon Sullivan, nous pouvons citer :

  • J’irai cracher sur vos tombes (1946), aux éditions du Scorpion
  • Les morts ont tous la même peau (1947), aux éditions Jean d’Halluin
  • Et on tuera tous les affreux (1948), aux éditions du Scorpion
  • Elles se rendent pas compte (1950), aux éditions du Scorpion

Vernon Sullivan n’est pas le seul pseudonyme utilisé par Boris Vian, bien qu’il s’agisse du plus connu. L’auteur a en effet utilisé de nombreux autres noms pour signer ses écrits et notamment des anagrammes comme : Bison Ravi, Baron Visi ou encore Brisavion.

 

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Le style littéraire pluriel de Boris Vian

 

Avec son style d’écriture plurielle, Boris Vian a laissé derrière lui une œuvre prolifique aux genres variés. Dans L’écume des jours (1947), aux éditions Gallimard, Boris Vian nous livre un roman d’amour contemporain avec une histoire à la fois tendre et tragique. L’amour et le bonheur de Colin et Chloé se voit interrompu par une maladie cardiaque : un nénuphar grandit dans la poitrine de la jeune femme, écrasant ses poumons. Dans ce roman, l’écriture de Boris Vian est rythmée par le jazz et le blues. L’auteur entraîne le lecteur dans un univers surréaliste où se mêle le quotidien et un univers poétique et déroutant.
C’est seulement lors de sa réédition en 1963 que L’Écume des jours a trouvé son public et s’est transformée en roman culte d’une génération.
Citations de Boris Vian : « Le plus clair de mon temps, je le passe à l’obscurcir, parce que la lumière me gêne. » L’écume des Jours (1947)

De son écriture plurielle, Boris Vian sait donner une voix à ses livres. Dans un tout autre genre, il a également écrit plusieurs romans policiers à l’Américaine, sous le nom de Vernon Sullivan. Né d’un pari, J’irai cracher sur vos tombes (1946), aux éditions du Scorpion, fut écrit par l’écrivain après sa déception d’avoir raté de peu le grand prix du premier roman pour L’Écume des jours. Pour relever le défi qu’il s’est lancé, Boris Vian écrit ce nouveau livre en 15 jours. Pastiche du roman noir à l’américaine, l’écrivain y inclut violence, racisme et sexe, dans une histoire qui se déroule aux États-Unis.

De nombreux exemplaires du roman J’irai cracher sur vos tombes se vendent à l’époque, jusqu’au jour où un fait divers déclenche le scandale. Un cadavre est retrouvé, à ses côtés, un exemplaire de l’ouvrage a été déposé, ouvert à la page où le héros noir du roman de Boris Vian tue sa jeune maîtresse blanche.

L’une des plus grandes conséquences de ce scandale pour l’auteur fut la décision de Gallimard de refuser systématiquement tous ses romans suivants.
Citations de Boris Vian : « La guitare, c’est un instrument qui vous rend paresseux. On la prend, on joue un air, et puis on la laisse, on flemmarde, on la reprend pour plaquer un ou deux accords ou s’accompagner pendant qu’on siffle. » J’irai cracher sur vos tombes (1948),

Le site centenaireborisvian.com est entièrement dédié au centenaire de la naissance de Boris Vian et recense notamment toute la programmation événementielle de l’année.

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