Roman autobiographique romancé, Métaphysique des tubes, écrit par Amélie Nothomb après Stupeur et Tremblements, a été publié aux Éditions Albin Michel en 2000. Neuvième roman de la célèbre auteure belge, Métaphysique des tubes s’attarde sur la vie d’Amélie Nothomb de sa naissance à ses 3 ans. C’est non loin de Kobe, au Japon, que la narratrice est née en 1970 alors que son père travaillait dans ce pays comme ambassadeur belge. Dans Métaphysique des tubes, Amélie Nothomb porte une réflexion sur la vie et sur Dieu.

Ce livre autobiographique est également l’occasion de dresser un portait satirique et humoristique de la vie familiale. Jusqu’à deux ans et demi, Amélie Nothomb se voit considérer par les autres personnages du livre comme un « tube digestif inerte et végétatif dont les activités se bornent à ses besoins primaires » avant de devenir une enfant « normal » vers l’âge de deux ans et demi, jusqu’à la fin du livre.

 

Résumé du livre

 

À la naissance, Amélie Nothomb, bébé, bouge très peu et ne pleure pas. Elle se réserve pour les fonctions essentielles à la vie : la déglutition, la digestion et l’excrétion. Comparée à un tube par elle-même et à une plante par ses parents, Amélie Nothomb a nommé son livre Métaphysique des tubes pour une bonne raison. Selon elle, ce tube auquel elle compare le bébé, c’est Dieu.

Dans ce roman autobiographique d’Amélie Nothomb, le lecteur apprend rapidement pourquoi l’auteure compare ce tube à Dieu. Un Dieu dont la vie n’est pas éternelle. Au travers de ce livre, Amélie Nothomb se dévoile. Le lecteur la découvre plus incisive que jamais, dans un roman où on retrouve son humour et son écriture si particulière et complexe.

 

Amélie Nothomb, l’auteure

 

Née au Japon alors que son père y exerçait le métier d’ambassadeur pour la Belgique, Amélie Nothomb a commencé sa vie au pays du soleil levant, ce qu’elle ne manque pas de souligner dans la plupart de ses romans autobiographiques comme Stupeur et tremblement ou Métaphysique des tubes. Toutefois, à la naissance, ses parents trouvaient son comportement anormal puisqu’elle ne bougeait pas et ne pleurait pas. Une anecdote qui lui a donné l’idée d’écrire ce livre à la première personne.

 

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Pourtant, l’auteure ne restera pas amorphe bien longtemps et deviendra même très agité pendant près de 6 mois, jusqu’à ce que sa grand-mère trouve le remède : le chocolat blanc. A 3 ans, Amélie Nothomb va devoir suivre ses parents et quitter un Japon qu’elle compare à son paradis terrestre. Elle va devoir quitter tout ce qu’elle connaît, même sa nounou qu’elle aime tant. Avec Métaphysique des tubes, Amélie Nothomb continue sur sa lancée avec un nouveau roman autobiographique qui prend la forme d’une réécriture parodique de la Genèse, du passage de l’état de néant du nouveau-né, à celui de la conscience du moi du bébé, puis à celui de l’enfant doté de mémoire.

 

Analyse du livre

 

Après l’écriture et la publication de Stupeur et tremblement en 1999 aux éditions Albin Michel, Amélie Nothomb choisit de remettre le couvert sur le « moi-je ». Alors qu’elle parlait de son expérience japonaise à la fois tragique et comique dans Stupeur et tremblement lorsqu’elle était repartie vivre dans ce pays en tant qu’interprète à l’âge adulte, c’est dans la prime enfance que se plonge cette fois-ci Amélie Nothomb dans son neuvième roman.
Dans Métaphysique des tubes, Amélie Nothomb déroule une profonde réflexion sur la pensée des bébés et des enfants en se positionnant comme personnage principal dans ce roman autobiographique. Cette œuvre émouvante place la communication sur un piédestal et montre son importance dès le plus jeune âge, bien que le langage du bébé mette du temps à se développer. Dans ce roman, l’auteure apporte un regard lucide sur la manière dont les enfants découvrent la vie.

Citation du livre :

« Dire les choses à haute voix est différent : cela confère au mot prononcé une valeur exceptionnelle. ».
Autobiographie ou autofiction, le genre littéraire de ce neuvième roman publié aux éditions Albin Michel par l’auteure est difficile à définir puisque le lecteur peut douter de la possibilité d’Amélie Nothomb de se souvenir véritablement de ce qu’elle a vécu jusqu’à ses 3 ans. S’agissant d’un roman, Métaphysique des tubes laisse part à une part d’imagination et de fiction qui n’empêche pas le lecteur de retrouver un bébé décalé et surprenant, à l’image de l’auteure.

Citation du livre :

« – Mais non, tu ne mourras pas.
En effet : je mourais déjà. Je venais d’apprendre cette nouvelle horrible que tout humain apprend un jour ou l’autre: ce que tu aimes, tu vas le perdre. “Ce qui t’a été donné te sera repris” : c’est ainsi que je me formulai le désastre qui allait être le leitmotiv de mon enfance, de mon adolescence et des péripéties subséquentes. “Ce qui t’a été donné te sera repris” : ta vie entière sera rythmée par le deuil. »

À cet âge-là, Amélie Nothomb vivait au Japon avec sa famille. Dans le roman on retrouve donc, sans surprise de nombreuses références au pays du soleil levant et à son raffinement. L’auteure a toujours apprécié l’art de vivre du Japon malgré s’être heurtée à la rigidité du système à l’âge adulte lorsqu’elle a choisi de retourner y vivre, comme elle le raconte dans son huitième roman aux éditions Albin Michel : Stupeur et tremblement.

Citation du livre :

« Un spectateur inculte et sincère qui entend du nô pour la première fois ne peut éprouver qu’un profond malaise, comme l’étranger qui mange pour la première fois l’âpre prune marinée au sel du petit-déjeuner traditionnel japonais. »

 

Adaptations du livre

 

Si Stupeur et tremblement a fait l’objet d’une adaptation cinématographique, Métaphysiques des tubes a, quant à lui, connu une adaptation sur scène entre 2007 et 2009, avec une mise en scène de la pièce de théâtre par Claire Rieussec. La scénariste et comédienne avait, au travers de cette pièce de théâtre, interprété les 35 premières pages du roman de l’auteure dont la lecture l’avait plongée dans des émotions paradoxales.

 

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