Publié aux éditions Albin Michel, comme l’ensemble de son œuvre, Péplum est le 5ème roman écrit par Amélie Nothomb. Dans ce livre de science-fiction datant de 1996, l’auteure nous fait assister à un affrontement verbal dans lequel une jeune romancière et un scientifique cherche la faille de l’autre. Avec la finesse psychologique liée à l’écriture d’Amélie Nothomb, le lecteur retrouve, dans cette histoire, le style littéraire si particulier de l’auteure d’Hygiène de l’assassin, tout premier livre de la romancière publié chez Albin Michel en 1992. Insolence, humour acide, satire, l’éclat du style d’Amélie Nothomb transparaît tout autant dans ce livre que dans les précédents et les suivants.

 

Résumé du livre

 

Dans ce roman d’anticipation, Amélie Nothomb nous plonge dans l’aventure d’une jeune romancière, mystérieusement nommée A.N., ses initiales. L’histoire semble être le récit autobiographique imaginaire de l’auteure. Après avoir deviné un des plus grands secrets du futur, l’énigmatique romancière A.N. est emmenée à l’hôpital. L’opération bénigne qu’elle devait y subir se transforme en un long séjour puisqu’elle se réveille 585 ans plus tard, au XXVIème siècle.

À son réveil, A.N. n’est plus dans sa chambre d’hôpital. Un scientifique, Celsius, lui explique qu’ils sont en 2580. Tout oppose la romancière et ce savant, pourtant un dialogue va se mettre en place entre les deux personnages. Celsius est furieux contre cette fille qui en sait trop, alors qu’elle-même est en colère contre cet enlèvement. Au cours de leur dialogue, de nombreux sujets sont abordés comme celui de la grande guerre du XXIIème siècle, des voyages dans le passé, du réel et du virtuel, etc. A.N. et Celsius aborderont également des questions de morale, de philosophie et d’art.

 – Cela vous intrigue qu’il y ait eu une guerre ? C’est le contraire qui eût été étrange.

– Non : ce qui m’intrigue, c’est que l’humanité y ait survécu. Nous avons toujours pensé qu’en cas de conflit nucléaire, ce serait la fin du monde, ou du moins de notre espèce. C’est donc que les humains ont trouvé un moyen d’être modéré dans leur barbarie. Au fond, “barbare modéré” est une bonne définition de l’homme. »

Dans Péplum, l’intrigue tourne principalement autour de l’ensevelissement de Pompéi sous les cendres du Vésuve, en 79 après Jésus- Christ. Coïncidence ou non, l’incident est considéré comme un cadeau miracle pour les archéologues puisqu’elle fut ensevelie au faîte de sa beauté. Comment une ville si fastueuse et si riche culturellement aurait-elle pu parvenir aussi intacte aux archéologues de nombreux siècles plus tard ? Dans Péplum, A.N. saurait-elle qui a fait le coup ? Serait-ce la raison de son enlèvement ?

 

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Analyse de Péplum

 

Dans ce livre, Amélie Nothomb s’est basée sur une hypothèse invraisemblable, celle de la planification de l’ensevelissement de Pompéi par le Vésuve par quelqu’un dans le futur. Au travers des piques endiablées que s’échangent la romancière et le scientifique dans cet Péplum, le lecteur peut commencer à douter. En effet, comment un tel miracle aurait-il pu être possible autrement que par la volonté humaine ? Comment une ville si opulente aurait pu-t-elle être embaumée par les cendres et arriver intacte jusqu’à notre époque : véritable témoignage intact du passé.

Si ceci est vécu comme un véritable outrage pour la romancière A.N., il s’agit d’un véritable rêve de savant du XXVIème siècle pour Celsius. Sans être une pièce de théâtre, ce dialogue en huit-clos remet en question l’idée de la catastrophe naturelle. Dans ce roman, Amélie Nothomb confronte différentes idées du bien et du mal. Sans être un roman philosophique, l’auteure de Péplum nous bouscule entre la mégalomanie du XXVIème siècle et les imperfections du XXIème siècle.

Rien ne s’oublie aussi vite que le Bien. Pire : rien ne passe aussi inaperçu que le Bien, puisque le Bien véritable ne dit pas son nom – s’il le dit, il cesse d’être le Bien, il devient de la propagande. Le Beau, lui, peut durer toujours : il est sa propre trace. On parle de lui et de ceux qui l’ont servi. Comme quoi le Beau et le Bien sont régis par des lois opposées : le Beau est d’autant plus beau qu’on parle de lui, le Bien est d’autant moins bien qu’il en est question. Bref, un être responsable qui se dévouerait à la cause du Bien ferait un mauvais placement.

Jamais désigné autrement que par ces initiales, le personnage principal A.N. fait de ce roman de 153 pages un récit autobiographique imaginaire à l’intrigue originale.

Amélie Nothomb, l’auteure

 

Depuis la publication de son premier roman en 1992, Hygiène de l’assassin, chez l’éditeur Albin Michel, Amélie Nothomb publie un livre tous les ans. Romancière Belge, Amélie Nothomb est présente à toutes les rentrées littéraires avec ses romans qui font partie des meilleures ventes littéraires. En 1999, son livre, Stupeur et Tremblements, lui a valu le grand prix du roman de l’Académie française. À la suite de cette récompense, Amélie Nothomb a également obtenu le titre de baronne par Philippe, le roi des Belges.

Auteure de romans, de contes, de nouvelles, de pièces de théâtre et de chansons, la notoriété d’Amélie Nothomb a atteint le monde entier. Avec des adaptations cinématographiques et théâtrales, son œuvre est largement partagée. Ses livres sont d’ailleurs aussi disponibles en livre audio.

Largement récompensée par les avis des lecteurs et par la critique littéraire, Amélie Nothomb a reçu de nombreux prix littéraires, comme :

  • Le Prix René-Fallet et le Prix Alain-Fournier, en 1993, pour Hygiène de l’assassin.
  • Le Prix littéraire de la Vocation et le Prix Jacques-Chardonne, pour Le Sabotage amoureux.
  • Le Prix du Jury Jean Giono, en 1995, pour Les Catilinaires.
  • Le Grand prix du roman de l’Académie française, en 1999, pour Stupeur et tremblements.
  • Le Prix de Flore, en 2007, pour Ni d’Ève ni d’Adam.
  • Et le Grand prix Jean-Giono, en 2008, pour l’ensemble de son œuvre.

 

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